Derrière chaque projet, il y a des professionnel.le.s qui accompagnent, écoutent, soignent, enseignent et cherchent des solutions, souvent dans des contextes particulièrement difficiles.
En Ouganda et en Irak, les équipes de nos partenaires sont confrontées quotidiennement à des situations complexes : enfants gravement malades, personnes ayant vécu la guerre, la torture ou des violences sexuelles, jeunes en détention, familles en grande précarité… Leur engagement est remarquable, mais la bonne volonté et la motivation ne suffisent pas toujours.
Soutenir celles et ceux qui aident est donc au cœur de la manière dont Omoana conçoit son rôle auprès de ses partenaires. Ce soutien a d’abord une dimension humaine. Être confronté·e quotidiennement à la souffrance des autres peut avoir des conséquences sur son propre bien-être. Fatigue compassionnelle, stress, sentiment d’impuissance ou épuisement professionnel ne doivent pas être considérés comme une fatalité du travail humanitaire et social. Une étude menée auprès de 376 membres du personnel de 21 organisations humanitaires dans le nord de l’Ouganda a ainsi montré que, selon la dimension considérée, entre un quart et la moitié des personnes interrogées présentaient des niveaux associés à un risque élevé d’épuisement professionnel.
Prendre soin des équipes, leur permettre de souffler, de parler et de trouver leurs propres ressources est aussi une façon de prendre soin des personnes qu’elles accompagnent.
Mais soutenir les équipes, c’est aussi leur donner les moyens de faire leur travail le mieux possible. Face à des problématiques complexes, les professionnel·le·s ont besoin d’outils, de compétences et d’espaces pour réfléchir à leurs pratiques. Formations, développement d’outils, échanges d’expériences ou accompagnement technique font ainsi partie intégrante de nos partenariats.
Il ne s’agit pas pour Omoana d’arriver avec des solutions toutes faites. Notre rôle est plutôt de construire avec les équipes locales, en associant leurs connaissances du terrain à différentes approches et expertises, pour trouver ensemble des réponses adaptées aux réalités rencontrées.
Car derrière la qualité d’un projet, il y a d’abord la qualité, les compétences et le bien-être des personnes qui le font vivre.
Prendre soin de soi pour mieux accompagner les autres
En juillet, Omoana a réuni 39 collaborateur·rice·s de ses organisations partenaires en Ouganda pour un séjour consacré à la prévention de l’épuisement professionnel.
Les équipes de nos partenaires accompagnent au quotidien des personnes confrontées à des situations particulièrement difficiles. Certaines travaillent auprès d’enfants et d’adolescent·e·s vivant avec le VIH, parfois à un stade avancé de la maladie, et sont confrontées à la dégradation de leur état de santé, voire à leur décès. D’autres accompagnent des personnes ayant vécu la guerre, l’enlèvement par des groupes armés, des formes extrêmes de torture ou des violences sexuelles. D’autres encore interviennent auprès de jeunes en détention ou d’enfants victimes de violences. Accompagner, écouter et soutenir jour après jour peut aussi avoir un impact sur celles et ceux dont le métier est d’aider. Le stress, la fatigue compassionnelle et l’épuisement professionnel sont des réalités auxquelles il est important de donner une place. C’est dans cet esprit qu’Omoana a organisé ce séjour à Mukono dans un environnement calme et verdoyant. L’objectif était de permettre aux participant·e·s de sortir quelques jours de leur cadre professionnel et de consacrer du temps à leur propre bien-être. Le programme a volontairement associé des approches différentes. Yoga, Zumba, danse, peinture, théâtre et jeux ont permis de bouger, créer, rire et partager. Ces activités ont été complétées par des discussions autour de la santé mentale et de la prévention du burnout, ainsi que par des séances de counselling. Le séjour a également permis aux membres des organisations partenaires de se rencontrer. Malgré la diversité de leurs métiers, les échanges ont fait apparaître des expériences communes : la difficulté de prendre de la distance avec certaines situations, la responsabilité ressentie envers les personnes accompagnées ou encore la nécessité de trouver un équilibre entre engagement professionnel et vie personnelle. Les participant·e·s sont ainsi reparti·e·s avec des pistes concrètes : pratiquer davantage d’activité physique, utiliser des techniques de relaxation, échanger davantage avec leurs collègues ou chercher un soutien psychologique lorsque cela devient nécessaire. Comme le résumait une participante : « J’ai appris à prendre soin de moi avant de prendre soin des autres. » Ces quelques jours ont rappelé une chose essentielle : prendre soin des équipes n’est pas accessoire à nos projets. C’est aussi leur permettre de continuer à accompagner les autres avec énergie, disponibilité et humanité, dans la durée.


