Retrait de l’aide humanitaire américaine - Article dans La Liberté
Article sur Omoana – La Liberté
L’association Omoana, qui accompagne des enfants vivant avec le VIH en Ouganda, constate que le démantèlement de l’USAID fragilise les plus démunis. Omoana tente d’y pallier. Elle n’est pas la seule.
Survivre à l'indicible: Accompagner la reconstruction après l'enfance volée
Depuis 2014, Omoana collabore avec vivo Uganda, une organisation spécialisée dans la prise en charge du stress post-traumatique auprès de personnes ayant été affiliées à des groupes armés durant leur enfance. Cette réalité renvoie à l’un des crimes de masse les plus graves commis contre les enfants : entre 1986 et 2006, environ 60 000 enfants ont été utilisés comme soldats dans le nord de l’Ouganda. Forcés de participer à des massacres d’une extrême violence, près de la moitié d’entre eux étaient des filles, réduites à l’esclavage sexuel. Les séquelles de ces violences sont encore très présentes aujourd’hui. Lorsque les traumatismes ne sont pas traités, la souffrance se transmet et les violences se répercutent au sein des familles et des communautés. C’est pour répondre à cette urgence que vivo Uganda accompagne, année après année, des personnes marquées par des expériences inimaginables.
L’organisation s’appuie sur une équipe d’une vingtaine de conseillers, supervisés par Anett Pfeiffer. Récemment, nous avons eu l’opportunité de participer à une séance de supervision. Ces temps sont essentiels : les conseillers y revisitent des situations cliniques extrêmement lourdes, bénéficient d’un soutien technique, mais surtout disposent d’un espace pour déposer ce qu’ils portent. Prendre soin des thérapeutes est indispensable pour prévenir l’épuisement et leur permettre de continuer à accompagner avec justesse.
Lors de cette séance, plusieurs récits ont profondément marqué. Celui d’une personne rejetée par sa famille, parce que certains de ses proches avaient été tués lors d’une attaque en sa présence. En effet, l’Armée de Resistance du Seigneur forçait parfois ses recrues à être impliquées dans le massacre de leurs propres familles pour qu’elles ne puissent plus rentrer chez elles. Comment vivre ensuite avec cette culpabilité imposée et ce rejet ? Une autre personne encore racontait s’adresser à sa mémoire : « Ces souvenirs appartiennent au passé. Laisse-moi vivre au présent.» Malgré une amélioration, cet homme, veuf, confiait simplement souhaiter quelqu’un « pour lui gratter le dos ». Il se sent maintenant prêt à retrouver l’amour, aller de l’avant pour un avenir moins seul. Face à une adversité extrême, ce qui frappe est l’humanité omniprésente : dans les histoires, mais aussi dans l’engagement du personnel. Collaborer avec des personnes aussi compétentes, profondément humaines et inspirantes est une véritable chance.



Redonner de la joie et de la dignité aux enfants privés de liberté


Depuis 2023, Omoana collabore avec Hashtag Gulu, une ONG locale engagée auprès des enfants et des jeunes vivant ou travaillant dans la rue à Gulu, dans le nord de l’Ouganda. Beaucoup de ces jeunes grandissent dans des environnements familiaux profondément fragilisés, marqués par la pauvreté, la violence et l’instabilité. Cette
situation s’explique en grande partie par l’histoire récente de la région, fortement affectée par des années de conflit armé, dont les conséquences continuent d’éroder le tissu social et les mécanismes de protection communautaire.
Livrés à eux-mêmes, certains enfants se retrouvent dans la rue, où la survie passe parfois par le vol ou l’intégration de groupes et de gangs. Ils sont fréquemment confrontés à des violences, tant de la part des forces de sécurité que des communautés. Beaucoup connaissent également la détention, parfois durant plusieurs mois, dans des conditions sanitaires précaires et dans un climat de rejet et de stigmatisation.
Face à cette réalité, Hashtag Gulu intervient notamment au sein de la prison pour mineurs de Gulu en proposant des activités de soutien psychosocial. Théâtre, danse, arts visuels et expression créative permettent aux jeunes de retrouver une voix, d’exprimer leurs émotions et de reconstruire une estime de soi mise à mal. Ces actions s’appuient sur des approches qu’Omoana a contribué à renforcer, en plaçant l’art et la créativité au coeur de l’accompagnement.
Le 21 décembre dernier, l’équipe a organisé une fête de Noël au sein de la prison pour mineurs. Jeux, activités artistiques et moments de partage ont rythmé la journée, avec la présence d’un artiste reconnu à Gulu venu chanter pour les jeunes. Offrir un instant de joie et de légèreté à des enfants souvent rejetés est essentiel. Mais au-delà de l’événement, c’est surtout le dévouement sincère de l’équipe de
Hashtag Gulu qui frappe : un engagement humain, respectueux et profondément solidaire, qui fait du bien à voir et qui continue de nourrir l’espoir.
Chaque enfant peut apprendre : Omoana renforce l’inclusion scolaire en Ouganda
À partir du 1er décembre 2025, Omoana soutient l’expansion du projet « Chaque enfant peut apprendre » mené par Backup Uganda dans le Nord de l’Ouganda. Ce programme vise à construire une école réellement inclusive pour les enfants ayant des difficultés ou handicaps d’apprentissage, un enjeu encore peu reconnu en Ouganda. Dans les écoles publiques ougandaises, les défis sont nombreux : classes surchargées, manque de matériel, faibles revenus des familles. Lorsqu’un enfant présente un trouble d’apprentissage — dyslexie, dyscalculie, autisme, trouble de l’attendtion et/ou de l’hyperactivité (TDAH)— ces obstacles deviennent encore plus lourds. Sans compréhension de la part des adultes, beaucoup d’enfants développent un sentiment de rejet, perdent confiance en eux et abandonnent progressivement leurs études, compromettant leur avenir.
Pour répondre à cette situation, le projet investit dans le renforcement des compétences des équipes éducatives. 600 enseignant·e·s et administrateur·rice·s seront formé·e·s à repérer précocement les troubles d’apprentissage et à adapter leurs pratiques pédagogiques. Les ateliers en présentiel, l’accompagnement en classe et les modules hybrides permettent d’atteindre également les écoles rurales, tout en offrant aux équipes des outils concrets pour soutenir chaque enfant selon ses besoins spécifiques.
La collaboration avec les parents et aidant·e·s constitue un autre pilier essentiel. Beaucoup ignorent l’existence de ces troubles ou les interprètent à travers des croyances locales. Les rencontres communautaires et les épisodes du podcast “Every Child Can Learn”, disponibles en plusieurs langues, renforcent la compréhension et l’implication des familles. Le numérique facilite l’accès à l’information, mais le présentiel reste indispensable pour instaurer la confiance et répondre aux questions.
Enfin, l’introduction de clubs d’inclusion permettra aux élèves de devenir acteur·rice·s d’un environnement scolaire bienveillant et solidaire. Ces clubs créent un espace où chacun·e peut s’exprimer, partager ses expériences et encourager ses pairs, contribuant ainsi à transformer la culture de l’école de l’intérieur.
Grâce à ce projet, Omoana contribue à construire des écoles où chaque enfant peut apprendre, s’épanouir et trouver sa place, quelles que soient ses différences.


A Mossoul, une jeunesse engagée pour la paix
Depuis le 1er juillet 2025, Omoana et son partenaire Aid Gate Organization (AGO) ont lancé une nouvelle phase du projet destiné à accompagner les jeunes de Mossoul dans leur reconstruction personnelle et communautaire. Dans cette ville profondément marquée par le conflit et la perte, les jeunes cherchent des espaces pour s’exprimer, guérir et retrouver une place active dans la société.
Le projet mise sur la créativité, l’art et l’apprentissage collectif pour renforcer la résilience et les talents des jeunes. Plus de 600 d’entre eux·elles participeront à des programmes structurés alliant dessin, peinture, composition musicale, performance, production cinématographique, théâtre et stylisme. Chaque cycle de 15 sessions permet de développer des compétences artistiques tout en favorisant l’estime de soi, la confiance et l’expression des expériences vécues. L’art devient ici un langage commun qui rassemble, apaise et ouvre de nouvelles perspectives d’avenir.
La nouvelle phase accorde également une place centrale au plaidoyer mené par les jeunes. Trois jours de formation renforceront leurs connaissances en droits humains, prévention de la violence et promotion de la paix. Les participant·e·s seront ensuite accompagné·e·s pour mettre en œuvre 25 initiatives innovantes, allant de spectacles de théâtre forum à des vidéos de sensibilisation ou des fresques murales dans l’espace public.
En partageant leurs messages, les jeunes contribuent à transformer les mentalités et à reconstruire la cohésion sociale.
Enfin, le projet encourage l’apprentissage entre pairs grâce à des formations de formateur·rice·s en éducation à la paix et en art à visée psychosociale, permettant à 700 autres jeunes d’en bénéficier indirectement.
Avec cette nouvelle dynamique, Omoana soutient une génération qui se reconstruit en créant, en partageant et en agissant pour une paix durable.


Interview sur Radio Fribourg– Traiter le stress post-traumatique chez les anciens enfants soldats
Adrien Genoud, directeur d’Omoana, est récemment intervenu au Mag de Radio Fribourg pour parler d’un enjeu central de notre engagement en Ouganda : la prise en charge des traumatismes psychiques chez les anciens enfants soldats devenus adultes, à travers un projet mené par notre organisation partenaire vivo Uganda.
Dans le nord de l’Ouganda, les séquelles du conflit entre l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) et l’armée gouvernementale marquent encore profondément les individus et les communautés. Au cours de cette interview, Adrien Genoud explique comment vivo Uganda accompagne les personnes souffrant de stress post-traumatique grâce à des thérapies spécialisées, à la formation de thérapeutes ougandais et à la sensibilisation des communautés et des autorités locales.
L’entretien souligne également l’impact collectif de ce travail thérapeutique : en aidant les personnes les plus gravement traumatisées, le projet contribue à briser le cycle de la violence au sein des familles et des communautés, renforçant ainsi la paix et la cohésion sociale dans la région.
🎧 Écouter le podcast pour mieux comprendre comment la guérison des traumatismes devient un pilier essentiel d’une paix durable en Ouganda.
Mobilisons-nous pour les enfants vivant avec le VIH
Nouvelles d'Omoana | Septembre 2025
Les récentes coupes dans le financement de l’USAID affectent de nombreux·ses acteur·rice·s du secteur de la santé en Ouganda. Le résultat est clair : une crise grave s’annonce pour les 80 000 enfants vivant avec le VIH. Déjà, nous constatons de nouveaux défis quant à l’accès et à la prise régulière des traitements. Et demain, sans soutien renforcé, davantage d’enfants risquent de basculer vers des formes graves de la maladie.
Depuis sa création, Omoana s’est donné pour mission de bâtir une approche durable, ancrée dans le tissu communautaire. Notre responsabilité est de protéger en priorité les enfants les plus exposé·e·s au rejet et à la maladie. Avec notre partenaire St. Francis HCS, nous faisons face chaque jour à des histoires de souffrance que nul·le enfant ne devrait vivre. Il n’est pas facile de porter ce poids sur le long terme. Mais le personnel fait preuve d’un engagement et d’une persévérance uniques.
À celles et ceux qui nous soutiennent déjà, nous exprimons toute notre gratitude. Votre appui rend ce combat possible.
Dans ce numéro, vous pourrez découvrir des informations issues d’une récente évaluation conduite auprès de 229 enfants, parents et soignant·e·s. Elle donne un aperçu concret de leur situation actuelle, de leurs difficultés et de leurs espoirs.
De manière générale, le contexte de financement devient extrêmement difficile pour Omoana, comme pour de nombreuses ONGs. Face à l’ampleur de cette crise, nous lançons un appel à la mobilisation. Il ne s’agit pas seulement de traitements ou de nutrition. Il s’agit de dignité, de survie et d’avenir pour des enfants qui ont déjà trop souffert. Plus que jamais, nous avons besoin d’un élan collectif pour protéger les plus vulnérables et leur offrir la possibilité de grandir, d’apprendre et de s’épanouir.
Adrien Genoud, Directeur
Quand les enfants vivant avec le VIH voient leur avenir menacé : l’urgence d’agir
En Ouganda, l’avenir de milliers d’enfants et d’adolescent·e·s vivant avec le VIH est aujourd’hui menacé par les coupes soudaines des financements américains de l’USAID. Les conséquences se font déjà sentir dans les hôpitaux, les centres de santé publics comme privés, ainsi que dans les services communautaires. À l’hôpital pour enfants de Nalufenya, la suppression brutale de 40 % du personnel médical a désorganisé le suivi des jeunes patient·e·s et accru la charge de travail des soignant·e·s restant·e·s. Si les antirétroviraux (ARV) sont globalement disponibles, l’enjeu est bien plus large que l’accès aux stocks. Le véritable risque réside dans la rupture du lien vital entre l’enfant et son traitement : transport, suivi, accompagnement.
Sans ce soutien, de nombreux·ses jeunes interrompent leurs prises régulières, ce qui entraîne rechutes, hospitalisations et entrée dans les phases 3 ou 4 du VIH, synonymes de maladies opportunistes graves. Les équipes d’Omoana et de St. Francis Health Care observent déjà ces signaux inquiétants : davantage de complications médicales, une recrudescence des hospitalisations et un sentiment de découragement parmi les jeunes. Chaque interruption fragilise à la fois le corps et la confiance en soi.

Dans ce contexte, les équipes de santé villageoises jouent un rôle crucial. Ces volontaires communautaires assurent un suivi de proximité, visitent les familles et veillent à ce que les enfants poursuivent leur traitement. Mais leurs moyens limités ne suffisent pas à compenser les coupes massives. Le défi est également psychosocial : la peur de la stigmatisation pousse de nombreux·ses adolescent·e·s à cacher leur statut, ce qui accentue leur isolement et compromet leur scolarité comme leur équilibre social.
Face à cela, Omoana et St. Francis développent une approche intégrée : distribution communautaire de médicaments, visites à domicile, groupes de parole, théâtre psychosocial, mentorat par des pairs et accompagnement familial. Ces initiatives redonnent confiance, favorisent l’adhésion au traitement et permettent aux jeunes de se projeter dans l’avenir.
Le rapport réalisé en aout dernier (disponible sur demande), issu d’une consultation de 229 enfants, parents et soignant·e·s est clair : sans soutien urgent, une crise sanitaire et sociale de grande ampleur menace. Derrière chaque statistique, il y a un·e enfant, une histoire, un avenir encore possible. Ne pas agir aujourd’hui, c’est condamner une génération entière à revivre les tragédies du passé.
Anisha, de la douleur à l’engagement
Anisha a 21 ans. Elle vit avec le VIH et fait aujourd’hui partie des visages lumineux d’Omoana. Son parcours, pourtant, n’a pas toujours été simple. Enfant, elle a connu la stigmatisation la plus cruelle : « À l’école, on refusait que je m’assoie à côté de mes camarades. Il
s avaient peur que je les contamine, surtout à cause des boutons qui couvraient ma peau. » Ces souvenirs, qui remontent à ses premières années de primaire, restent une blessure vive.
En 2013, Anisha reçoit le soutien d’Omoana House. Là, sa vie change : elle découvre son statut sérologique, mais aussi un environnement sécurisant, fait d’écoute et de soutien. Les rencontres avec d’autres enfants vivant avec le VIH lui redonnent espoir : « Cela m’a apporté de la joie et m’a rappelé que j’étais importante, comme tout le monde. » À travers un accompagnement psychosocial constant et des opportunités de mentorat, Anisha trouve peu à peu sa voie.

Aujourd’hui, elle est elle-même mentor. Son rôle consiste à accompagner ses pair·e·s en animant des groupes communautaires hebdomadaires, en visitant les jeunes chez eux et en leur parlant de santé, de droits et d’espoir. «Ce qui me rend heureuse, c’est de voir mes camarades retrouver le sourire et l’envie de continuer. » Elle raconte notamment l’histoire d’un jeune qui voulait fuir sa maison : après lui avoir parlé et mobilisé l’équipe d’Omoana House, elle a réussi à le ramener dans le groupe. « C’est ce genre de moments qui me montrent que mon rôle a un sens », confie-t-elle.
Accessible, exemplaire et profondément engagée, Anisha inspire confiance. Elle utilise son expérience personnelle pour tendre la main à d’autres, et son cheminement illustre la mission d’Omoana : transformer la vulnérabilité en force, et semer la lumière là où la douleur avait pris racine.
Crédit photos: Remi Portier Photographie
Notre travail auprès d'enfants vivant avec le VIH: reportage de la RTS
En Ouganda, la moitié des personnes vivant avec le VIH sont âgées de moins de 15 ans. Dans le cadre du 19:30, la RTS a consacré un reportage au projet mené par St. Francis Health Care Services et Omoana, qui apporte un soutien social et médical aux enfants les plus touchés par le VIH. Nous vous invitons à découvrir ce projet essentiel et porteur d’espoir.
Projet de santé mentale auprès d'anciens enfants soldats: Reportage sur Leman Bleu
En janvier 2025, l’émission Esprit solidaire a consacré un reportage, incluant un entretien avec notre directeur Adrien Genoud, au projet de santé mentale mené par vivo en Ouganda. Ce programme, unique au monde par son ampleur et sa technicité, propose une thérapie d’exposition par la narration destinée aux personnes traumatisées ayant été affiliées à l’Armée de résistance du Seigneur durant leur enfance, tout en formant les professionnels locaux du secteur. Nous vous invitons à visionner ce reportage pour découvrir davantage ce projet essentiel et singulier.
https://www.youtube.com/watch?v=wmxtlRYI-ek&t=38s







