Irak

Pour proposer des projets adaptés aux besoins des communautés, il s’avère essentiel de comprendre au mieux le contexte dans lequel vivent ces dernières. Dans notre démarche nous veillons à considérer la culture locale, l’histoire du pays et le contexte socio-économique dans lequel évoluent les bénéficiaires. La collaboration étroite que nous entretenons avec des partenaires locaux permet de faciliter la compréhension mutuelle. Cette présentation de l’Irak devrait vous permettre d’appréhender quelque peu le milieu dans lequel travaillent Omoana, ses partenaires et ses bénéficiaires.

L’Irak en bref :

Forme de l’Etat : République à régime parlementaire
Président : Abdel Latif Rachid
Géographie : pays d’Asie Occidentale ouvert sur le golfe Persique, limitrophe avec l’Iran, la Turquie, la Syrie, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et le Koweït
Capitale : Bagdad
Habitants : 45 millions (2022)

Un peu d'histoire...

Le coup d’État qui porte le général Abd al-Karim Kassem au pouvoir, en 1958, marque la fin de la monarchie irakienne et la naissance de la république. D’autres renversements qui surviennent au cours des années 1960 permettent au Parti Baas de prendre le contrôle de la vie politique. Au cours des années 1970, l’économie irakienne profite grandement de la hausse du prix des ressources pétrolières. Le président Saddam Hussein, au pouvoir depuis 1979, entraîne cependant le pays dans des conflits désastreux contre l’Iran (1980-1988) et contre la coalition internationale formée pour repousser les troupes irakiennes du Koweït (1991). Les répercussions de ces guerres et l’embargo décrété par l’Organisation des Nations unies (ONU) accentuent la pauvreté mais n’ébranlent pas le régime dictatorial de Hussein qui se livre à une sévère répression, notamment contre la minorité kurde. Le président est finalement renversé par l’intervention américano-britannique, en 2003. Malgré de nombreux actes de violence et un climat de tension persistant entre la majorité religieuse chiite et la minorité sunnite, des initiatives sont prises, dont la tenue d’élections, afin d’établir des institutions démocratiques. Les troupes américaines quittent l’Irak en 2011. Le pays est ensuite bouleversé par la création de l’État islamique autoproclamé (Daech), avant qu’il ne soit chassé du territoire en 2017. (Perspective Monde, 2023)

Géographie

Occupant la majeure partie de la Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate, l’Irak est un pays au relief monotone, semi-désertique, avec des étés torrides. Il n’est que très partiellement mis en valeur par l’irrigation (blé, riz, dattes, coton). L’élevage (ovins) est la seule ressource des steppes. L’économie, qui repose sur le pétrole (dont la production retrouve aujourd’hui un haut niveau), a été perturbée par un embargo de 1990 à 2003, puis dévastée par la guerre de 2003 et ses suites.
L’association Omoana est active au Nord du pays, dans le gouvernorat de Ninive.

Contexte socio-économique

Malgré les séquelles de deux guerres, l’Iraq, l’un des principaux producteurs de pétrole au sein de l’OPEP et en possession des cinquièmes réserves mondiales, a retrouvé sa place parmi les grands pays exportateurs de brut. L’or noir représente 90 % des recettes de l’État, environ 40 % du PIB et l’essentiel de ses exportations.
Si le niveau de violence reste très élevé et si la population s’est massivement mobilisée pour exiger une accélération des réformes en vue de l’amélioration des services de base et des progrès tangibles dans la lutte contre la corruption, la reconstruction du pays s’est poursuivie lentement.
La pandémie de Covid–19 et la diminution des revenus pétroliers ont détérioré davantage encore la situation économique et sociale en entraînant une nouvelle récession brutale en 2020 (- 11,3 %). Le taux de pauvreté (plus de 22 % en 2014 et presque le double dans les provinces du nord) pourrait fortement augmenter. La situation sociale reste cependant précaire avec notamment un taux de chômage de plus de 16 % et plus de 35 % pour les jeunes. (Larousse, 2023)

Indicateurs

Population : 45 millions (2022)
Espérance de vie à la naissance : 70 ans (2021)
Taux de mortalité infantile : 20% (2022)
Taux de natalité : 27% (2022)
Population urbaine : 71% (2022)
Inflation annuelle : 5% (2022)
Proportion de moins de 15 ans : 38% (2022)
Taux de chômage : 14,2% (2021)

Contexte spécifique des enfants

Des années de conflit entre les forces de sécurité irakiennes et l’EI ont dévasté les zones de conflit. Selon l’aperçu des besoins humanitaires 2022 réalisé par UNOCHA, près de 664’000 enfants sont exposés à des risques de protection. Parmi ces enfants, 122’000 vivent dans des logements critiques avec des difficultés pour accéder aux services essentiels (Reliefweb, 2022). Le manque de moyens de subsistance pour leurs familles et l’épidémie de COVID-19 ont eu un impact négatif sur leur potentiel de génération de revenus. En conséquence, les enfants continuent d’être exposés aux risques de travail et de mariage précoce.
Environ 456’000 enfants manquent toujours de documents d’état civil essentiels et près de 300’000 enfants en âge scolaire ne fréquentent pas régulièrement l’éducation formelle ou informelle, ce qui les expose à des risques accrus de recrutement par des groupes armés dans les zones où ils opèrent (Children Armed Conflict, 2022). Près de 37’000 ménages utilisent différentes formes de violence comme mesures disciplinaires, ce qui affecte 186’000 enfants. Plus de 22 % des personnes ayant besoin de services de prévention des violences basées sur le genre en Irak sont des enfants, les filles à partir de 9 ans et les garçons à partir de 12 ans étant les plus touchés. En conséquence, la détresse psychosociale, y compris le stress et l’anxiété, est le deuxième problème de protection le plus fréquemment signalé pour les enfants en Irak. Environ 5 % des enfants ayant besoin d’une assistance humanitaire en matière de protection de l’enfance ne résident pas chez eux en raison d’une détention arbitraire, tandis que plus de 1’000 enfants restent privés de liberté pour des raisons liées à la sécurité nationale (Reliefweb, 2022). Le gouvernorat de Ninive reste l’une des zones les plus touchées par le conflit Irak-EI. Au 31 décembre 2020, 1’889’154 personnes étaient de retour dans le gouvernorat.