01 Mai

Le droit à l’éducation : une réalité ?

Geschrieben von Magali Perrin
Certains enfants, issus de familles particulièrement démunies, ne pourraient poursuivre leur scolarité sans une aide extérieure. Leur famille ne parvenant pas à assumer les frais d'éducation, ils seraient contraints, par manque de ressources, d'arrêter l'école en cours de chemin et, comme tant d’autres, de se contenter d’une vie d’expédients, au jour le jour. Mais attention, les projets de parrainage scolaire sont là pour soutenir et accompagner des familles dans le besoin, et non pas se substituer à elles.
 
Omoana travaille en partenariat avec 2 associations distinctes qui mettent en œuvre les projets de parrainage scolaire. Le premier partenariat a commencé en 2003, au sud du pays, avec St Moses CCC (St Moses Children’s Care Center and Community Development), fondée en 1973 en tant que centre pour les enfants abandonnés, indigents et déplacés. Il sponsorise actuellement un total de 163 enfants, dont 66 à travers Omoana. Le centre héberge, si nécessaire, une partie des enfants. Lesactivités consistent à offrir aux élèves des services de conseil, d’orientation et de soutien psychologique, ainsi qu’un suivi médical. Un accent est mis sur le développement de leurs aptitudes sociales et une éducation chrétienne pour l’ensemble des enfants, qu’ils soient résidents ou non. Et pour finir, l’association assure le paiement des écolages et le suivi des élèves. Le développement communautaire et durable des familles est promu au travers de formations, desuivis et de soutien par le biais d’un projet de microfinance.
 
Un deuxième projet de parrainage fut mis en place au nord, dans la région post-conflit de Gulu, en 2009. Il est actuellement géré par HANDLE Uganda (Hope Alert Network for Development and Local Empowerment), une ONG fondée en 2009 dans le but de combler les lacunes dans les prestations de services aux communautés en cours de réhabilitation et de reconstruction. Le projet accompagne 29 élèves évoluant dans différents niveaux d’éducation, du primaire jusqu’à l’université, en passant par les écoles professionnelles. Les activités sont sensiblement similaires à celles de St Moses, exception faite du centre pour résidents. Les membres de l’équipe sont basés en ville de Gulu et se déplacent pour le suivi des élèves. Ils effectuent des visites auprès des familles afin de discuter des enjeux quotidiens, et comprendre le contexte de vie des pupilles. Ils se rendent également auprès des centres d’enseignement pour payer les écolages et faire le point avec les enseignants.
 
Les enjeux sont nombreux, particulièrement l’abandon et l’échec scolaires. Certains parents ne jouent pas leur rôle dans l’équation, pour des raisons financières ou démissionnaires. De ce fait, la limite entre l’implication des équipes de projets et le rôle des familles est difficile à définir. Les familles ont à charge une partie des frais scolaires, mais peut-on ignorer un enfant qui ne peut étudier par manque de matériel scolaire de base ? Dans le même temps, les attentes, justifiées ou non, sont parfois très élevées, et certains parents se reposent complètement sur les associations pour gérer les difficultés.
 
Les équipes de projet doivent créer un climat de confiance favorisant le dialogue avec les pupilles et leur famille; entendre les difficultés de chacun et trouver des solutions au cas par cas : qui doit changer pour une école professionnelle pour cause de difficultés scolaires, qui doit quitter le programme suite à des abus de confiance, qui doit entrer en pensionnat pour échapper à la surcharge de travaux domestiques empêchant l’étude ou avoir accès à une école de meilleure qualité,… ?
 
Il faut savoir qu’en Ouganda, les enfants ont très tôt beaucoup de responsabilités, les filles en particulier. Ils sont en charge des travaux domestiques – chercher de l’eau au puits, la cuisine, le ménage – et dans le même temps s’occupent des enfants plus jeunes ou de parents malades. Ces obligations ne vont pas diminuer parce qu’ils doivent étudier. Et puis il y a les filles mères sans mari et sans ressources, l’entrée dans l’adolescence, des distances parfois énormes pour atteindre son école, pour ne citer que quelques problématiques parmi tant d’autres.
Pour couronner le tout, la qualité du système scolaire public en Ouganda est un vrai problème, en particulier dans les régions reculées, et les coûts de scolarité ne cessent d’augmenter suite à l’inflation et la participation limitée du gouvernement dans son développement.
 
Mon intention n’est pas de vous peindre un tableau bien sombre de la situation, mais bien plus de mettre en évidence l’infinité de particularités auxquelles le personnel engagé dans ce travail doit faire face.
 
En conclusion, en raison du nombre croissant d’enfants dans le besoin, les moyens mis en œuvre pour aider ces familles ne suffisent pas. En permettant à un enfant de suivre une scolarité normale et d'y poursuivre des études secondaires, vous lui offrez la chance de se construire un véritable avenir et de participer, demain, au développement de son pays. Et il vous enremercie très sincèrement.
 
Magali Perrin
Coordinatrice

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